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La moitié des primates sont menacés d’extinction

  Enregistrer au format PDF  envoyer l'article par mail title=    Date de publication : mercredi 6 août 2008
Les proches parents de l’être humain se portent de plus en plus mal. La moitié des 634 espèces de primates qui peuplent le globe sont en effet menacées de disparition à plus ou moins brève échéance, selon ce que révèle un rapport rendu public hier au Congrès de la Société internationale de primatologie, qui se tient à Édimbourg, en Écosse.

Mercredi 06 Août 2008 - destindelafrique.com
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui a mené l’étude la plus complète sur le sujet depuis plus d’une décennie, qualifie d’ailleurs ce constat d’« effrayant », ajoutant que la situation n’a jamais été aussi critique. La chasse, la destruction de l’habitat par les incendies et le défrichement des forêts tropicales constituent les principales menaces pesant sur les primates, petits et grands.

Le rythme d’extinction des espèces varie toutefois d’une région à l’autre. En Asie, par exemple, plus de 70 % d’entre elles figurent dans les catégories « vulnérables », « en danger » ou « en danger critique d’extinction », selon les critères de la « Liste rouge » des espèces menacées de l’UICN. Les cinq pays avec la plus forte proportion d’espèces menacées d’extinction sont aussi situés en Asie : Cambodge (90 %), Vietnam (86 %), Indonésie (84 %), Laos (83 %) et Chine (79 %).

Sur ce continent, les populations de gibbons, de semnopithèques, de langurs notamment ont baissé à cause de la chasse, destinée à répondre aux besoins d’alimentation, mais aussi à la demande commerciale pour la médecine traditionnelle chinoise et les animaux de compagnie. « À certains endroits, les primates sont littéralement dévorés jusqu’à l’extinction », a constaté Russell A. Mittermeier, président du Groupe de spécialistes des primates de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. « Ce qui se passe en Asie du Sud-Est est terrifiant, a pour sa part jugé Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du programme sur les espèces de l’UICN. Une telle situation, où un groupe d’animaux soit aussi menacé, est inédite au sein d’autres groupes d’espèces. »

La situation n’est pas plus reluisante en Afrique, où 11 des 13 espèces de colobes bais connues sont considérées comme « en danger critique d’extinction » ou « en danger ». Les primatologues craignent même que deux espèces, le colobe bai de Bouvier et le colobe bai de Miss Waldron’s Red Colobus, ne soient déjà éteintes. Parmi les espèces africaines, ce sont les grands singes, comme les gorilles et les bonobos, qui ont généralement canalisé l’attention. Mais si ces espèces « sont très menacées », « ce sont les plus petits primates, comme les colobes bais, qui pourraient disparaître en premier », insiste Richard Wrangham, président de la Société internationale de primatologie, dans le rapport publié hier.

Les spécialistes envisagent par ailleurs de faire passer le gorille de montagne de la catégorie « en danger critique d’extinction » à « en danger », au vu de l’augmentation de ses populations dans les montagnes protégées du Rwanda, de l’Ouganda et de la République démocratique du Congo. Le massacre à l’été 2007 de gorilles de montagne dans le parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo, a cependant retardé cette reclassification.

Espèces importantes

Les primates, souligne l’étude, sont « importants pour la santé de leurs écosystèmes ». Par la dispersion des graines et d’autres interactions avec leur environnement, ils contribuent « au maintien de la vie de nombreuses espèces végétales et animales des forêts tropicales du monde ». Et des forêts en « bonne santé fournissent des ressources essentielles aux populations humaines locales tout en absorbant et en stockant du dioxyde de carbone », un des gaz à effet de serre.

Malgré le sombre état des lieux, les responsables de la conservation se félicitent aussi de quelques succès. Au Brésil, le tamarin-lion noir et le tamarin-lion doré sont ainsi passés de la catégorie « en danger critique d’extinction » à « en danger » en 2003. Les populations de ces deux espèces sont aujourd’hui bien protégées, mais restent réduites. Un reboisement urgent serait nécessaire pour les doter de l’habitat nécessaire à leur survie. « Si vous avez des forêts, vous pouvez sauver les primates », a constaté Anthony Rylands, vice-président du Groupe de spécialistes des primates de l’UICN.

Fait à noter, dans le cas du tamarin-lion doré, le Biodôme de Montréal participe à un programme de reproduction en vue de réintroduire des spécimens dans leur habitat naturel. Visiblement, les efforts ont porté leurs fruits.

Les chercheurs continuent en outre à améliorer leurs connaissances des primates du monde et de leur rôle. Depuis 2000, 53 espèces de primates jusque-là inconnus pour la science ont été décrits : quarante de Madagascar, deux d’Afrique, trois d’Asie et huit d’Amérique du Centre et du Sud.

Autre bonne nouvelle, les gorilles des plaines occidentales seraient au moins deux fois plus nombreux qu’on ne le croyait, selon des chiffres dévoilés hier à Édimbourg. Plus de 125 000 ont été découverts dans les forêts du Congo-Kinshasa, ce qui laisse penser que la population totale de ces grands singes se situe dans une fourchette allant de 175 000 à 225 000 individus.

Depuis des siècles, les populations de gorilles, primates menacés qui vivent dans des zones isolées, échappent largement au recensement. Mais une nouvelle étude, réalisée par la Société de protection de la vie sauvage, basée au Bronx Zoo de New York, et par la République démocratique du Congo, a découvert des populations ignorées dans deux zones du nord du pays couvrant 47 000 km2.

Les gorilles vivant isolés et se montrant facilement effrayés, donc difficiles à dénombrer individuellement, les chercheurs ont élaboré les estimations en cherchant et en comptant les « nids » de feuilles dans lesquels s’endorment les grands singes.

Les gorilles des plaines occidentales sont l’une des quatre sous-espèces de gorilles, avec les gorilles de la rivière Cross, les gorilles des montagnes et les gorilles des plaines de l’est. Toutes sont considérées comme « en danger » ou en « danger critique » d’extinction par l’UICN.

ledevoir.com




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