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21ème FESPACO : Mansour Sora Wade allume ’ Les feux de Mansaré ’

  Enregistrer au format PDF  envoyer l'article par mail title=    Date de publication : jeudi 5 mars 2009
Le seul long-métrage sénégalais en compétition au Fespaco 2009, ’ Les feux de Mansaré ’de Mansour Sora Wade, a été projeté mercredi après-midi dans la salle ’ Burkina ’. Le rêve du réalisateur est de décrocher l’Etalon de Yennenga au soir du 7 mars, lors de la cérémonie de clôture du festival panafricain du cinéma de Ouagadougou.

source : www.lesoleil.sn

OUAGADOUGOU « (Burkina Faso) - A la fin de la projection de son tout nouveau long-métrage, «  Les feux de Mansaré  » », le réalisateur sénégalais s’est vite retrouvé au milieu d’une foule de journalistes, de collègues cinéastes, d’amis et de cinéphiles qui tiennent tous à le féliciter. Quelques heures plus tôt, lorsque nous l’avions croisé dans les rues de la capitale burkinabé, il nous confiait qu’il ressentait un stress fort compréhensible. Ça pèse lourd d’être l’unique représentant de son pays, au niveau des longs-métrages de fiction, dans un évènement aussi prestigieux que le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. A la fin de la séance, il était ému face à tous ces gens qui le félicitaient pour son travail.

Le travail ? C’est un film de quatre vingt-cinq minutes qui raconte avec poésie, une tragédie contemporaine. C’est l’histoire de Mathias (Ibrahima Mbaye), un baroudeur qui a parcouru le monde et qui est revenu s’installer dans la petite ville de Mansaré, perdue dans un coin tranquille du Sénégal. Après avoir amassé une fortune colossale à l’étranger grâce à toutes sortes d’affaires louches, il rêve de conquérir le cœur de la belle Nathalie (Khady Ndiaye Bijou) qui, elle, est amoureuse de Lamine (Cham Joola). Le réalisateur nous emporte dans un univers sombre où se côtoient divers personnages et où le destin peut se révéler surprenant et basculer à tout moment.

Clin d’oeil à Mambéty

Dans son long-métrage, Sora Wade évoque différents sujets : le dialogue inter religieux ; le drame de l’immigration clandestine avec son lot de morts ; les conflits qui minent l’Afrique, surtout les pays dont le sol regorge de richesses ; les rivalités entre hommes pour l’amour d’une femme... « C’est une métaphore de l’Afrique d’aujourd’hui et surtout de mon pays le Sénégal où l’on retrouve plus de 95% de musulmans et où il existe une entente parfaite entre les communautés religieuses. C’est aussi une fenêtre sur le cinéma, celui des westerns, d’action ou de Bollywood car, pour moi, le cinéma c’est la liberté », explique le réalisateur.

Son long-métrage fascine par la beauté des images, un montage subtil et le jeu de l’acteur principal, Ibrahima Mbaye (qui interprète Mathias), qui porte tout le film de bout en bout. On y sent comme une continuation du «  Prix du pardon  » où deux hommes se disputent le cœur d’une jeune femme, mais ici, la rivalité épouse les contours d’une idylle qui met en scène deux communautés, les musulmans et les catholiques. Dans «  Les feux de Mansaré  », c’est comme si Mansour Sora Wade a fait un clin d’œil à Djibril Diop Mambéty qui, dans «  Hyènes  », parlait de retour d’une «  vieille dame » venue se venger d’un amant qui l’avait humiliée lorsqu’elle était pauvre et impuissante. Mais ici, la « Linguère Ramatou » est un jeune homme orgueilleux, cruel et ambitieux qui ne recule devant rien pour assouvir sa soif de pouvoir et de domination. La comparaison s’arrête là car les habitants de Mansaré, contrairement à ceux de Colobane avides d’argent, ne vont pas céder au chantage de Mathias.

Le film de Mansour Sora Wade est très fort sur le plan émotionnel, même si certains personnages ne sont pas à la hauteur, à l’image de Lamine dont le jeu laisse quelque peu à désirer. Il y a aussi quelques faiblesses dans le scénario car le spectateur peut éprouver des difficultés à suivre le réalisateur dans son raisonnement. Autant de thèmes traités dans un seul film peuvent parfois dérouter. Cependant, Sora Wade a réussi à nous restituer une belle histoire où la haine, l’orgueil et la cupidité des hommes se bousculent, mais qui finit quand même sur une belle note d’espoir, avec la belle voix de Youssou Ndour qui magnifie les bienfaits de l’amour...

envoyé spécial Modou Mamoune Faye




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