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Prise en charge du diabète : Le Centre Mark Sankalé fonctionne sans budget

  Enregistrer au format PDF  envoyer l'article par mail title=    Date de publication : vendredi 5 novembre 2010
diabète  
Traitant environ 35 000 diabétiques, le Centre Mark Sankalé, la structure de référence logée au sein de l’hôpital Abass Ndao, ne bénéficie pas d’une subvention de l’Etat. Ni d’émoluments. Seules les recettes générées par les patients diabétiques permettent de gérer ce centre. Une situation qui désole l’Association sénégalaise d’assistance et de soutien aux diabétiques (Assad).

source : www.walf.sn - 2 novembre 2010

Le centre Mark Sankalé est aujourd’hui fréquenté par toutes les catégories socio-professionnelles du Sénégal. Combien de fois sommes-nous montés au créneau pour qu’il soit subventionné. Quand le centre venait d’être créé, les diabétiques n’étaient pas nombreux. Mais aujourd’hui, il est en train de rendre une mission de service d’utilité publique. L’Etat devrait-il croiser les bras devant un centre de référence de cette envergure ? C’est même honteux de le souligner pour un Etat qui se respecte’, note le secrétaire général de l’ Assad , Baye Omar Guéye.

Du temps du président Abdou Diouf, le Centre Mark Sankalé avait reçu une subvention de l’Etat, juste pour acheter le mobilier qui meuble les locaux jusqu’à présent. Depuis lors, rien n’a été fait en vue de doter Mark Sankalé de ressources additionnelles.
Profitant du mois du diabète, l’Assad, rencontrant la Commission Santé du Sénat, dans le cadre de la campagne de plaidoyer à l’endroit de ceux qui ont en charge de voter les lois et règlements du pays, a tenu à dénoncer cet état de fait. L’Assad invite ainsi l’Etat à appuyer le Centre Mark Sankalé en renforçant ses acquis et en l’aidant à décentraliser ses activités de soins. Selon les diabétiques, la subvention du Centre est impérative du fait de ses activités de capacitation, de surveillance, de nutrition et d’alimentation.

Les diabétiques étaient venus sensibiliser les sénateurs afin de leur donner tous les outils d’information devant leur permettre de voter le diabète comme maladie sociale. ‘On a trop parlé du diabète sans pour autant comprendre les tâches, les objectifs et les missions dévolues à chaque patient et mettre l’accent sur la riposte dans le cadre de la lutte contre cette pathologie’, note Baye Omar Guèye. En se rendant au Sénat, les diabétiques ont discuté et appelé les différentes composantes de la Nation. Chaque région était représentée à travers l’antenne régionale des diabétiques. Devant les sénateurs, l’Assad a relevé le coût exorbitant de la prise en charge et l’aspect handicapant du diabète, classé parmi les maladies chroniques à soins coûteux.

Pour sa part, la présidente de la Commission santé du Sénat, Ngoné Ndoye trouve inadmissible que le centre Mark Sankalé fonctionne sans aucun budget. ‘Cela montre que le diabète n’est pas pris en charge. L’Etat doit réagir le plus rapidement possible’, dit-elle.
C’est ainsi que la Commission santé du Sénat envisage de mener un plaidoyer en direction des autorités pour que le soutien aux diabétiques soit pris en compte dans l’élaboration des projets de budget de l’Etat. Mieux, les sénateurs comptent voter une loi qui fera du diabète une maladie sociale.

A l’échelle mondiale, le nombre de diabétiques devrait augmenter de… 130 % dans les 25 prochaines années ! En 2025, la prévalence du diabète chez l’adulte devrait ainsi s’élever à 5,4 % de la population totale : plus d’une personne sur 20 ! Et plus de 70 % des diabétiques vivront dans les pays en voie de développement. Une situation préoccupante, surtout en ce qui concerne le diabète de type 2, autrefois qualifié de non insulino-dépendant et qui représente 90 % de l’ensemble des diabètes sucrés !

Au Sénégal, il est difficile de dire avec exactitude le nombre de patients qui souffrent de la maladie. Cependant les estimations les plus constantes font état d’un nombre variant entre 200 et 300 000 Sénégalais, soit entre 2 et 3 % de la population nationale, selon les dernières études faites sur la maladie en 2003. Selon les spécialistes, le diabète monte et progresse à une vitesse vertigineuse avec des statistiques qui montrent que le nombre de cas diagnostiqués ne cesse d’augmenter.

Issa NIANG


lire aussi sur www.lesoleil.sn : Diabète au Sénégal : Six mille enfants inscrits au Centre Marc Sankalé, par Eugène KALY

sur www.lagazette.sn (13 décembre 2010 ) : « Nous nous battons pour que le traitement soit subventionné à 100% car c’est possible », entretien avec le pr Saïd Nourou DIOP, directeur du centre Marc Sankale

et sur www.walf.sn (9 juillet 2011 ) : Amélioration de la prise en charge des malades du diabète : L’hôpital Saint Jean de Dieu inaugure son centre Diabcarmet, par Sidy DIENG





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