le magazine du Sénégal dans le monde

70e anniversaire de l’Ifan : La vie de Cheikh Anta Diop racontée en tableaux

  Enregistrer au format PDF  envoyer l'article par mail title=    Date de publication : samedi 20 décembre 2008
Son ambition était de devenir ingénieur en constructions aéronautiques. Mais il a aligné des certificats et des licences littéraires qui ne l’ont pas empêché d’embrasser la carrière de physicien, puis d’égyptologue.

source : www.walf.sn

"Tout a commencé à Ceytu." On aurait pu démarrer, ainsi, le vernissage de l’exposition portant sur la vie et l’œuvre du Pr Cheikh Anta Diop et qui prend fin ce samedi. La manifestation est au programme du 70è anniversaire de l’Institut fondamental d’Afrique noire dont il est le parrain. Les premières photos laissent découvrir une ravissante dame coiffée à la mode de l’époque : une touffe abondante qui déborde son mouchoir de tête. Mame Magatte Diop est la mère du Pr Diop. Cette touffe, "dioub" en wolof, est la coiffure totémique des Diop. Puis, sur une trentaine de clichés s’enchaînent les péripéties de la vie du savant. Son éducation coranique démarre à Keur Goumag, à Diourbel. On est en milieu mouride. Et la photo de Cheikh Ibrahima Fall, disciple acharné de Bamba, fondateur du mouridisme, trône aux côtés de l’homonyme du futur égyptologue, Cheikh Anta Mbacké.

L’école française s’ouvre à Cheikh Anta en 1937. Sur les tableaux, s’affiche l’école régionale de Diourbel, aujourd’hui école élémentaire Ibrahima Thioye. Quelques dessins sont exhibés. Il en est ainsi du cœur humain, d’un avion et des dents. Le lycée Van Vollenhoven se dresse sur une photo avec ses murs blancs. Devant l’établissement, des élèves sont quasiment adossés à un ‘Deux Chevaux’. Les tableaux fixent le quartier noir de Dakar avec ses cases carrées et ses clôtures des maisons en paille. Elève, Cheikh Anta résidait à la Médina, à la Rue 7X16. Le Plateau lui n’a apparemment gardé aujourd’hui que ces gros arbres.

La vie d’étudiant s’engage à Paris, à la Sorbonne. Dans une lettre manuscrite Cheikh Anta Diop s’adresse à un de ses amis restés à Dakar, Doudou Seck. Et c’est pour lui dire ses résultats universitaires. Cheikh aligne des certificats littéraires et se voit obliger de préciser que son ambition est de devenir ingénieur des constructions aéronautiques. La carrière scientifique démarre en 1950 avec ses contacts avec Frédéric Joliot-Curie. L’histoire s’accélère. Nations nègres et culture est publié en 1954. S’ouvre alors une vaste polémique relayée par la presse dont quelques coupures sont affichées. Yves Florenne écrit dans le journal Le Monde : "Il semble bien que, si audacieuses qu’elles apparaissent, les thèses de ce jeune savant sont en passe de trouver un large écho dans la jeunesse intellectuelle africaine à laquelle elles apportent un passé dont elle est fière." C’est le prélude aux deux congrès des intellectuels et artistes noirs. La thèse d’Etat arrive en 1960 ouvrant une carrière d’égyptologue riche en débats contradictoires. La polémique est alimentée par l’assertion laissant croire que les premiers Egyptiens étaient noirs comme le rapporte l’envoyé spécial du quotidien Le Soleil au Colloque du Caire en 1974, Papa Amet Diop. Et sur quelque cinq tableaux s’affichent des ossements ou les images de pharaons tels Djeser, Mentouhotep I, Toutankhamon.

La dernière partie étale la vie politique du Pr Cheikh Anta Diop. Là, il y a les photos de son militantisme au Rassemblement démocratique africain ( Rda ). En première ligne d’une marche en France, il est aux côtés de sa future épouse. Un combat dit pour la démocratie qui débute, au Sénégal, en 1976 avec la création du Rassemblement national démocratique ( Rnd ). L’une des photos les plus marquantes est celle du sit-in devant la Cour suprême. Il s’adresse avec un porte-voix à ses militants après le rejet par cette juridiction de la légalisation de son parti. Cela fait du Rnd le grand absent des élections de 1978 comme l’écrit le magazine Afrique Asie. Mais, cinq ans plus tard, Cheikh Anta Diop bat campagne avec à ses côtés Me Babacar Niang.

Hamidou SAGNA


lire aussi sur www.lesoleil.sn : 23 ANS APRÈS SA DISPARITION : Cheikh Anta Diop, une trajectoire en images et en lettres par Abdoulaye DIALLO





Lettre d'info

Recevez 2 fois par mois
dans votre boîte email les
nouveautés de SENEMAG




© 2008 Sénémag      Haut de page     Accueil du site    Plan du site    admin    Site réalisé avec SPIP      contact      version texte       syndiquer